La première fois qu’on m’a tendu une cuia de maté dans le sud du Brésil, j’ai fait l’erreur du débutant : j’ai remué la bomba, cette paille métallique qu’il ne faut surtout pas toucher. On m’a repris en souriant. Le maté, ici, n’est pas qu’une boisson : c’est un rituel qui passe de main en main, la calebasse qu’on remplit et qu’on se transmet, des heures durant, entre amis ou en famille. J’ai mis un peu de temps à en aimer l’amertume franche, puis je n’ai plus pu m’en passer.
Le maté vient de l’Ilex paraguariensis, un arbuste de la famille du houx qui pousse à l’état naturel dans le sud du Brésil, au Paraguay et en Argentine. On en fait sécher et broyer les feuilles pour obtenir cette poudre verte, un peu grossière, que l’on infuse à l’eau chaude mais jamais bouillante. C’est la boisson du quotidien des gaúchos, ceux du sud, qui la boivent du matin au soir.
Ce que dit la science sur sa caféine
Oui, le maté contient bien de la caféine : on la trouve autour de 1 % du poids sec des feuilles, un ordre de grandeur proche de celui du thé. C’est ce qui explique son effet stimulant, souvent décrit comme plus doux et plus étalé dans le temps qu’un café serré, même si les ressentis varient beaucoup d’une personne à l’autre. Les feuilles apportent aussi des composés antioxydants, comme dans le thé vert, ce qui a nourri bien des études.
Je reste toujours prudent sur ce terrain : le maté est une boisson plaisir et un stimulant naturel, pas un remède. Comme pour le café ou le thé, la modération est de mise, la sensibilité à la caféine est personnelle, et il ne remplace en rien un avis médical, en particulier pendant la grossesse ou en cas de sensibilité particulière.
Chaud l’hiver, glacé l’été
Le chimarrão, c’est la version chaude, celle de la calebasse. Mais quand la chaleur écrase le sud du continent, on passe au tereré : le même maté, mais passé à l’eau très froide, parfois additionnée de jus d’agrumes ou de feuilles de menthe. C’est d’une fraîcheur redoutable, et je le recommande volontiers pour affronter un mois d’août caniculaire sans se jeter sur les sodas. Un maté froid, un citron pressé, quelques glaçons : voilà ma boisson d’après-midi quand le thermomètre s’affole.
Pour ceux qui découvrent, je conseille de commencer doucement, une infusion légère, et de laisser le goût s’installer. L’amertume du maté se dompte, exactement comme celle d’un bon café ou d’un thé vert corse.
Questions fréquentes
Le maté contient-il de la caféine ?
Oui, autour de 1 % du poids sec des feuilles, un niveau proche de celui du thé. Son effet stimulant est souvent perçu comme plus doux et plus progressif que celui du café, mais cela dépend de chacun.
Faut-il le boire chaud ou froid ?
Les deux ! Le chimarrão se boit chaud, à 70-80 °C ; le tereré se prépare à l’eau glacée, idéal l’été avec un peu d’agrume ou de menthe.
Combien de maté par jour ?
Comme pour toute boisson caféinée, la modération prime et la sensibilité varie d’une personne à l’autre. En cas de grossesse, de sensibilité à la caféine ou de doute, demandez conseil à un professionnel de santé : le maté ne remplace pas un avis médical.
Envie de goûter au rituel du sud du Brésil ?