Il y a un an, je buvais quatre à cinq cafés par jour. Le premier à 6h30, avant même d’ouvrir mes cartons d’épices ; le dernier vers 16h, celui de trop, celui qui repoussait mon sommeil sans que je m’en rende compte. Alors cet été, j’ai tenté une expérience toute simple : remplacer mon café du matin par une cuillère de guarana en poudre diluée dans de l’eau fraîche, pendant deux semaines. Voici ce que j’ai vraiment ressenti, sans rien enjoliver.
Je vis au Brésil depuis dix ans, dans le Minas Gerais, et le guarana fait partie du quotidien ici bien plus que le café ne l’est en France. On le trouve chez tout le monde, en poudre, dans un coin de placard. C’est une graine amazonienne que les peuples Sateré-Mawé utilisent depuis des siècles pour tenir sur de longues journées. Ce qui m’intéressait, ce n’était pas la mode « super-aliment », mais une question concrète : est-ce que je me sentirais mieux qu’avec mon café ?
La première semaine : la fin des montagnes russes
Le changement le plus net, je l’ai senti sur la régularité de mon énergie. Avec le café, j’avais un coup de fouet dans la demi-heure, puis une chute vers 10h30 qui me poussait vers la deuxième tasse. Avec le guarana, la montée était plus lente — presque décevante les deux premiers matins — mais elle tenait jusqu’au déjeuner sans creux. Pas de nervosité dans les mains, pas cette légère accélération du cœur que je connais bien quand j’enchaîne les cafés.
Le goût, soyons honnêtes, n’a rien à voir avec un café : c’est amer, boisé, un peu astringent. Je le mélange à de l’eau très froide avec un trait de jus de citron, parfois une pointe de miel. En pleine chaleur d’été, une boisson fraîche plutôt qu’un café brûlant, c’est aussi un vrai confort.
La deuxième semaine : concentration et sommeil
C’est sur le travail de sélection que j’ai vu la différence la plus utile. Goûter des poivres ou des vanilles demande une attention fine, et je trouvais mon palais plus « posé », moins agité. La caféine du guarana se libérant progressivement, je n’avais pas ce besoin de recharge toutes les deux heures.
Côté sommeil, en supprimant le café de l’après-midi presque naturellement — je n’en ressentais plus l’envie — je me suis endormi plus vite. Ce n’est pas magique : si vous prenez du guarana à 17h, la caféine vous tiendra éveillé comme n’importe quelle autre. La règle que je me suis fixée : jamais après 14h.
Est-ce que je continue ?
Oui, mais pas de façon dogmatique. Je n’ai pas « arrêté le café » — j’aime trop ça, et je visite des plantations de café au Brésil pour le plaisir. Mais j’ai remplacé le café du matin par le guarana la plupart des jours, et je garde le café comme un plaisir de dégustation plutôt que comme une béquille. C’est peut-être ça, le vrai bénéfice : reprendre la main sur mon énergie au lieu de la subir.
Une réserve importante : le guarana n’est pas conseillé aux femmes enceintes, aux personnes sensibles à la caféine ou souffrant de troubles cardiaques ou d’hypertension. En cas de doute, demandez l’avis de votre médecin. Ce récit est le mien, pas une prescription.

Arnaud Sion
Chercheur de vanille et d’épices rares · fondateur du Comptoir de Toamasina et d’Abaçai · installé au Brésil depuis 2015
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Questions fréquentes
Le guarana contient-il plus de caféine que le café ?
À poids égal, la graine de guarana est plus riche en caféine que le grain de café. Mais on en consomme de toutes petites quantités (2 à 3 g), et sa libération est progressive, ce qui donne un effet plus doux et plus long.
Quand faut-il le prendre ?
De préférence le matin ou en début d’après-midi. Évitez après 14h pour ne pas perturber votre sommeil.
Quel goût a le guarana en poudre ?
Amer, boisé et légèrement astringent. On l’adoucit avec de l’eau froide, un trait de citron ou une pointe de miel.